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Résumé de l'éditeur: 

 

 

 

Kimberley, la protagoniste, commence son récit avec la naissance de sa mère. Née avec un bec de lièvre et dotée du prénom de la sage-femme, Gladys n’a sans doute pas eu la vie qu’elle rêvait d’avoir. Elle repose alors tous ses espoirs de gloire sur ses filles, et surtout sur les deux premières : sa joie devant les courbes de leurs corps de jeune femme, son engouement pour leurs activités physiques artistiques… Laissant de côté ses deux derniers enfants, ses deux garçons !

On comprend dès le début du roman que cette situation familiale ne va pas à Kim : vivre dans cette maison avec des grands-parents et des parents qui ne font pas attention à leurs enfants ne lui va pas ! Elle voit ce que ce dessin familiale fait sur ses deux sœurs ainées, et décide alors de naître une seconde fois (en devenant un garçon), de se différencier de sa famille (avec l’aide de la poésie), et de protéger ses petits frères, ses « agneaux » comme elle aime les appeler, jouant avec eux au jeu des « trois garçons » et les invitant à dormir avec elle.

« On peut naître à neuf ans : je le fais. Et une fois accomplie cette deuxième naissance qui annule la première, je reviens tranquillement vers les miens qui ne sont plus les miens. J’essuie leurs sarcasmes sans broncher, sachant bien que je ne suis plus leur fille, que je ne suis même plus une fille de toute façon. »

« Si je dois avoir une famille, alors que Baudelaire soit mon frère et Janis Joplin ma sœur […] »

Mais, on le devine très vite, un terrible évènement va arriver…

« Mes agneaux, comme je regrette et comme je regrette d’avoir à regretter, d’avoir compris top tard que c’était trop dur pour vous et que ça l’aurait été pour n’importe qui […] »

 

Suite à ce drame, l’envie de quitter sa famille et de s’en différencier s’accentue, ce qui va la pousser à prendre des décisions et à faire de nombreuses choses…

 

 

 

Ce roman m’a profondément touchée : Comment survivre dans une telle famille ? Comment subir les humiliations de celle-ci ? Comment aimer une famille qui ne vient pas en aide à leurs propres enfants ?

La plume de l’auteure est un mélange de poésie et de langage cru, ce qui crée cette atmosphère dérangeant voire oppressante, mais qui illustre à merveille l’ambiance familiale présente tout le long du roman. Kim nous le dit et nous le montre, aucun membre de cette famille n’a le droit à la moindre intimité, et c’est ce que reproduit l’auteure dans ce roman : aucune intimité n’est présente (le lecteur est envoyé directement dans l’intimité des personnages) et les nombreuses scènes de descriptions (intimes) nous le prouvent !

On pourrait très bien scinder ce roman en deux parties : avant le drame (avec la description de ce climat familiale, la renaissance de Kim…), et après le drame (ce désir de changer, de se distinguer de cette famille en se tournant vers d’autres personnes, vers la poésie et vers le sexe). J’ai largement préféré la première partie, tant sur le plan de l’histoire que celui des interrogations qui en émanent. La deuxième partie m’a personnellement un peu plus dérangée, je me suis parfois sentie mal à l’aise durant cette lecture (ne me sentant pas à ma place de lectrice), néanmoins cette partie restait poétique et emplie de questionnements tout comme la première. L’entre deux a été une grosse claque ! Je m’attendais à un évènement dur, mais pas à ce point, et pas avec une telle description !

 De nombreux thèmes s’enchainent et s’entremêlent alors, ce qui anime le roman : le harcèlement, la survie, la mort, l’amour, le désir/ les passions…

 

Un roman à la fois dur et poétique, empli de réflexions et de questionnements sur la vie. Une lecture que l’on peut appréhender et qui ne plairait sans doute pas à tout le monde !

 

Bonne Lecture :)