Si vous suivez mon blog depuis un certain temps, vous avez remarqué que j’aime beaucoup la littérature féminine et les romans dont le portagoniste est une femme !

Aujourd’hui, toujours dans cette lignée, je vous parle d’un des derniers romans que j’ai lu : « Femme en costume de bataille » d’Antonio Benitez Rojo.

J’ai trouvé ce livre lors d’une foire aux livres, et j’ai tout de suite été interpellée par ce titre et par la couverture !

 

Ce roman nous raconte l’histoire d’Henriette Faber qui fut la seule femme chirurgien de la Grande Armée, soit l’armée de Napoléon. Cette femme qui avait dû se travestir en homme, et prendre le faux nom d’Enrique Faber pour parvenir à ce qu’elle voulait. 

Au début du roman, Henriette nous est totalement inconnue. Elle est à bord d’un bateau qui doit l’amener de La Havane à la Nouvelle Orléans, et tout ce que l’on sait réellement d’elle est qu’elle a commis certains crimes/délits…. C’est alors qu’Henriette elle-même décide de nous raconter sa vie, d’écrire en quelque sorte ses mémoires ! On replonge dans son passé avec elle, on est en tant que lecteur dans sa tête, et l’on suit son récit !

Par son écriture, sa voix, on la découvre une jeune fille. Elle ne connait pas grand-chose au monde et a été élevée par son oncle et sa tante. Elle a donc reçu une très belle éducation et va commencer à découvrir certaines choses par elle-même : l’amour, le désir… On va la voir suivre son oncle (médecin dans la Grande Armée), allant de villes en villes, pays en pays, et rencontrant de nombreuses personnes... Puis, vient l’envie de faire des études et l’incapacité pour elle d’y parvenir… Vient ensuite les mensonges, et Henriette devient Enrique.

 

                            femme en 

 

Mêlant récit picaresque, récit d’aventure et récit biographique, Henriette nous dévoile elle-même son passé, nous explique comment elle en est arrivée là. Frontière entre réalité et fiction, l’auteur nous raconte la vraie vie d’Henriette mais comble aussi certains vides par des éléments fictifs et les narre à sa façon !

 

J’ai vraiment adoré suivre cette femme. J’ai aimé sa volonté d’étudier la médecine et de tout faire pour y arriver, jusqu’à perdre sa vraie identité ! J’ai admiré sa force et sa détermination devant tous ces évènements : elle va connaitre la guerre (va suivre l’armée et vivra au centre de ces conflits) et tout ce qui en résulte. Nous avons donc là le portrait d’une femme forte qui, malgré les durs évènements de la vie, ne recule devant rien et continue d’avancer la tête haute. Elle voyage, elle n’a pas peur d’aller contre les mœurs de l’époque…

J’ai aussi beaucoup apprécié la plume de l’auteur et , notamment, son procédé d’écriture. Antonio Benitez Rojo a fait le choix de nous rendre compte des pensées d’Henriette et de  ne pas nous donner un roman purement historique ou didactique, et cela est vraiment agréable : on lit un roman (et non pas un manuel d’histoire ou une simple biographie) mais on apprend tout de même des choses !

Par contre, certaines longueurs ont un peu ralenti ma lecture. En effet, des passages de conflits (notamment des précisions historiques, des éléments « politiques »…) ont rendu ma lecture plus difficile, et j’ai donc parfois eu du mal à suivre. Mais, la plupart des détails sont tout de même intéressant pour la culture générale (le tout est de s’en souvenir après).

 

Ce n’est pas un coup de cœur mais ce fut une très belle découverte !

 

 

«  - Non, ma chérie, je ne compare pas l’amour à l’argent. L’argent se perd et se récupère, va et vient, croit puis diminue. L’amour, non. L’amour que tu offres est à jamais irrécupérable. »

«  C’est précisément là, à force de voir le fruit des soins prodigués, que naquit ma vocation pour la médecine. »

« Un matin, je lui confiai ma folle idée : inspirée par la Leonore de Fidelio, je voulais me faire passer pour un homme et étudier à l’université de Paris. »

« 

-          Bien sûr, je t’écrirai souvent.

-          Bien sûr, je viendrai te voir.

-          Bien sûr, je ne t’oublierai jamais.

                                                              »

«  Je ne suis pas une Moll Flanders. Je n’écris pas non plus pour améliorer ma situation ou pour défendre une cause […] »

Bonne Lecture :)