l'esquisse d'un rêve

 

 

L’esquisse d’un rêve nous emmène auprès de Karitas, cette petite fille rêvant de devenir artiste peintre et faisant ses dessins dans son premier carnet à croquis, celui que son père lui avait offert….

Au début du roman, on suit Steinunn (la mère de Karitas), veuve et mère de six enfants, qui décide de quitter sa ferme et de se rendre jusqu’au Nord de l’Islande, à Akyreyri, pour permettre à ses enfants d’avoir accès à l’éducation, d’aller à l’école… Nous sommes alors en 1915, les femmes viennent juste d’avoir le droit de vote en Islande, Steinunn est pleine d’espoir, elle espère un avenir meilleur pour ses filles…

Arrivés après un long voyage en bateau, la mère et ses enfants doivent trouver du travail (les femmes vont saler les harengs et faire des travaux ménagers), pour gagner de l’argent et pouvoir ensuite aller à l‘école.

Un jour, une dame du village, une artiste, découvre le talent de Karitas et l’envoi à Copenhague, à l’Académie des Beaux-Arts…

De retour en Islande, Karitas espère pouvoir monter une exposition regroupant ses peintures. Cependant, ce retour en terre natale ne lui ouvre pas les portes qu’elle pensait…

 

 

 

Je ne vous en dis pas plus ! Ce roman (cette histoire) est comme la neige : doux et froid ! Ces deux adjectifs qualifient aussi bien les personnages, l’ambiance, les évènements…

J’ai eu du mal à rentrer dans ce roman… Puis, après les premières pages, je me suis laissé emporter par cette vague de mots poétiques…

Ce que j’ai aimé dans ce roman est le fait que l’histoire regorge d’une force : la volonté de Karitas à aider sa mère, à devenir une artiste, à vivre comme elle le rêve tout simplement !  C’est ce que j’ai apprécié chez ce personnage : elle fait tout pour aider sa mère, puis pour vivre son art ! Cependant, la vie n’est pas aussi simple que cela…. Elle est aussi semée d’embuches… Et nous ne pouvons pas être maitres de tout : de la nature, de notre corps, de nos sentiments…

Ce roman n’est pas tout rose, mais il n’est pas tout gris non plus. C’est une histoire poétique en symbiose avec la nature qui nous fait découvrir l’Islande de 1915 à 1939, qui nous amène à suivre Karitas, cette petite fille qui deviendra femme, et qui nous fait découvrir la vie des femmes et la rupture entre les ouvrières agricoles et les femmes plus aisées.  

L’esquisse d’un rêve nous donne alors le portraits de femmes : d’une mère (Steinunn) qui se sacrifie pour que ses enfants aient accès à l’éducation, d’une femme en devenir (Karitas) qui voudrait pouvoir toucher son rêve du bout des doigts, de femmes qui ont eu accès à l’éducation, et d’autres femmes pour qui l’art et l’éducation ne leur disent rien et qui ont été élevées aux travaux ménagers…

 

 

En somme, il s’agit d’un roman d’aventure (celle de la vie de Karitas), d’un roman d’amour (amour familiale, amour charnel), d’un roman psychologique (les conséquences de certains choix qui nous mutilent l’existence)… C’est le tableau d’une société à une époque donnée peint à travers les yeux d’une artiste : le personnage principal qu’est Karitas.

 

 

 

Voici quelques extraits que j’ai sélectionnés lors de ma lecture :

 

« La banquise, le vieil ami du pays »

« C’était un des plus grands moments de leur vie. Jamais il ne leur était venu à l’esprit qu’il leur arriverait d’avoir des chaussures en cuir et ils comprirent clairement combien celles-ci allaient changer leur existence et leur place dans la société. »

« Le siècle nouveau devrait apporter aux femmes des moments plus enviables. Nous pouvons nous instruire et nous pouvons voter. »

« Je peins jusqu’au matin, je termine le tableau. Je l’avais dans ma tête avant de me mettre à l’œuvre. »

 

Bonne Lecture :)